Où se situe le Maroc sur le marché mondial de la performance énergétique ?

Le monde entier, ou presque, est en train de se mettre au vert. La nécessité d’une transition énergétique est devenue une évidence et panneau solaire comme pompe à chaleur sont en vogue. D’autres énergies vertes comme la géothermie, l’énergie hydraulique ou marémotrice et la biomasse contribuent également à lutter contre le réchauffement climatique. Quel est le premier pays producteur d’énergie renouvelable au monde ? Le Maroc fait-il figure de bon ou mauvais élève ? Explications.

 

Les chiffres à travers le globe

D’après l’IRENA, la production mondiale d’énergie renouvelable, a légèrement dépassé 2 milliards de mégawatts en 2016. Ce chiffre correspond à la capacité totale mondiale, c’est-à-dire à la capacité maximale des centrales électriques et autres installations à travers le monde, qui utilisent une source d’énergie verte pour produire de l’électricité. À cette date, plus de la moitié de cette énergie mondiale était hydraulique (56 %). L’énergie éolienne représentait un quart du marché (23 %), suivie de l’énergie solaire (15 %) et d’autres sources (6%). L’augmentation annuelle de la capacité mondiale atteignait ainsi 8,7 % par rapport à 2015.

 

La Chine, leader mondial incontesté

Avec 545 206 mégawatts produits en 2016, dont près de 334 000 MW d’énergie hydraulique produite, la Chine s’affiche comme le numéro un mondial de l’énergie alternative. Ce total est supérieur à celui de tous les pays d’Europe réunis (487 000 MW). Derrière l’empire du Milieu, les États-Unis et le Brésil complètent le tableau des bons élèves. Ces trois leaders sont eux-mêmes suivis par le Canada, l’Inde, le Japon et la Russie, avec une mention spéciale pour le Costa Rica dont le taux d’énergie renouvelable représentait, en 2015, 98,7 % du marché énergétique national.

 

Le Moyen-Orient, une marge de progression

Avec seulement 16 400 MW produits en 2016, le Moyen-Orient est de loin la région du monde la plus retardataire en matière d’électricité verte, l’Iraq, premier pays producteur de la région, générant tout juste 2 300 MW. Les chiffres les plus faibles de la zone sont enregistrés au sultanat d’Oman, au Bahreïn ainsi qu’en Palestine.

La part des énergies renouvelables en Afrique a, quant à elle, augmenté de plus de 12 %. Le score est encourageant pour l’un des continents les plus exposés aux effets du réchauffement climatique.

La volonté politique comme prérequis indispensable

La mise en place de politiques publiques visant à promouvoir l’utilisation d’énergie renouvelable et l’établissement d’objectifs clairs, à court et moyen terme, sont deux facteurs essentiels au succès d’une démarche de transition énergétique. Au niveau européen, la part de ce marché a été portée à 27 % à l’horizon 2030.

Où se situe le Maroc sur le marché mondial de la performance énergétique ?

le Royaume soutient le développement d’un écosystème solaire intégré et compétitif, activé par le déploiement des centrales solaires Noor à travers l’ensemble des régions . Le plan Noor vise le développement d’une capacité de 2.000 MW d’ici 2020. Ses projets génèreront des investissements de plus de 9 milliards de dollars à l’horizon 2020. Dans 2 ans, le solaire permettra une économie d’émissions de gaz à effet de serre de 3,7 millions de t CO2. Actuellement, la capacité est autour de 180 MW. A fin 2018, elle passera à 827 MW.

Les parcs éoliens de production d’électricité sont généralement implantés le long des côtes du Royaume. L’objectif consiste à atteindre une capacité de 2.000 MW en 2020. Le plan éolien national (7 parcs au total, actuellement) permettra d’économiser annuellement 1,5 million de TEP, soit 5,6 millions de t CO2 à l’horizon 2020.

L’ambition du Maroc  s’inscrit dans la dynamique d’exploitation des barrages dont la construction a été initiée dans les années 1960. Plus de 40 barrages, sur les 148 que compte le pays, ont été construits ces 15 dernières années. La contribution de l’hydroélectricité (la capacité actuellement installée est de 1.770 MW) devrait continuer à croître pour atteindre au moins 2.000 MW à l’horizon 2020. Actuellement, les capacités installées dans l’hydraulique sont autour de 1.769 MW. D’ici la fin de l’année, elles passeront à quelque 1.780.